Menu Content/Inhalt
Accueil arrow News arrow Synthèse d’articles arrow Finance islamique
Finance islamique Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Appréciation des utilisateurs: / 2
FaibleMeilleur 
23-10-2008
Index de l'article
Finance islamique
Le développement de la finance islamique

Finance islamique 

L'un des plus influents théologiens musulmans au monde, Youssef Al Qaradaoui, en est persuadé : la crise financière prouve la pertinence de la finance islamique. L'effondrement du système capitaliste fondé sur l'usure et sur le papier et non sur l'échange de marchandises démontre que la philosophie économique islamique se tient", a déclaré, le 12 octobre 2007 à Doha, celui qui fut dans les années 1970 l'un des premiers promoteurs de la finance islamique.

Les banques islamiques n'ont théoriquement pas misé sur les subprimes. Mais étant donné que ces crédits hypothécaires risqués ont été titrisés et souvent revendus sous forme de produits dérivés personne ne peut l’affirmer.

 

 Les spécialistes de la finance admettent que la finance islamique est plus éthique, plus solidaire et plus respectueuse de l’environnement mais nuancent un petit les affirmations des musulmans comme quoi elle constitue le salut de la finance mondiale.

 

En quoi la finance islamique est différente de la finance conventionnelle ?

 

Elles ont une même finalité, mais des règles de fonctionnement différentes. D’abord la même raison d’être : basés sur la mobilisation des ressources et leur allocation entre différents projets d’investissement.

 

En finance conventionnelle, la norme qui préside aux décisions d’un banquier est l’optimisation du couple rendement-risque de ses placements. Tandis que la finance islamique va éviter d’avoir la profitabilité comme unique et principal critère de décision, répondant ainsi à la tradition islamique qui s’oppose à l’aspect fixe et prédéterminé de l’intérêt. L’Islam prône plutôt le partage équitable des risques et des bénéfices.


La finance islamique est construite autour de quelques grands principes :

 

Elle interdit :

            Le «riba» (usure, intérêt),

            Le «gharar» (incertitude),

            Le «maysir» (spéculation)

            Le «haram» (illicite).

            L’argent ne peut être investi dans les secteurs liés à l'alcool, au porc, à la pornographie.

 

 

Et impose :

            L’obligation de partage des profits et des pertes 

            Le principe d’adossement à un actif tangible. On ne vend que ce que l'on possède et les ventes à découvert sont interdites.

 

 

Les chiffres :

 

L’industrie de la finance islamique a atteint une dimension internationale, même si elle rencontre encore des résistances dans certains pays.

 

Elle couvre plus de 300 banques islamiques à travers 75 pays (hors fonds d’investissements et compagnies de Takaful), dont les deux tiers sont contrôlés par le Conseil de constellations du Golfe (GCC).

 

Selon les dernières estimations, la valeur des actifs des banques islamiques et des avoirs gérés tourne autour des 1.000 milliards de dollars (765 milliards d'euros), ce qui n’est qu’une  goutte d'eau dans l'économie mondiale.

 

En 2008, il faut savoir qu'en l'espace d'une trentaine d'années, le nombre des institutions financières islamiques dans le monde a dépassé les 400. Elles sont réparties sur plus de 75 pays.

 

La croissance du secteur de la finance islamique représente au niveau mondial 15 à 20% d’évolution annuelle. En 2014, les spécialistes pensent que ces actifs atteindraient 1.400 milliards de dollars.

 

C’est au Proche et Moyen-Orient que l’on trouve la plus forte concentration de ce type de banques. La première à voir le jour, en 1963, est la Mit Ghamr Savings Bank en Égypte, devenue Nasser Social Bank. La Malaisie reste leader de la finance islamique en matière de sophistication et de maturité, tandis que la Banque islamique de développement (BID) reste la plus massive des institutions du secteur.

 

Selon Standard & Poor's, plus de la moitié de ce marché est détenue par les banques commerciales. Le reste du marché est composé des boutiques de banques d'affaires pures comme les fonds de capital investissement ou immobiliers, des fenêtres islamiques des banques conventionnelles internationales et des produits islamiques tels que le takaful, des sukuk .

 

Il y a trois pôles de finance islamique dans le monde. Kuala Lumpur pour l’Asie, Bahreïn et Dubaï pour le Moyen-Orient, Londres, éventuellement Paris pour l’Europe.

 

 

Les freins

 

La percée de la finance islamique est freinée par des dispositions réglementaires parfois contraignantes. Parmi ces obstacles :

            L’impossibilité pour ces institutions d’exercer une activité marchande (achat immobilier et mise en location par exemple),

            La double taxation puisqu’un prêt immobilier islamique consiste en une double opération (achat par la banque, rachat par le client),

            La limitation du crédit-bail aux professionnels.

 

Il n’empêche que l’industrie de la finance islamique est aujourd’hui nourrie par une demande soutenue où les particuliers, historiquement le fer de lance, occupent encore une bonne place.

 

Le point d’inflexion est d’ailleurs atteint dans le marché retail en Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Bahreïn et Koweït, aboutissant à l’institutionnalisation croissante de cette industrie.

 

 

Les produits :


L’offre sur ce marché n’est pas figée, bien au contraire, les opérateurs faisant preuve d’innovation avec une gamme de produits de plus en plus sophistiqués :

 

Sukuk (certificats islamiques) : obligations sans taux d'intérêt. Des théologiens ont estimé en 2008 que la majorité des sukuk n'étaient pas conformes à la loi islamique. "Le sharia board (comité de surveillance) de l'AAOIFI (Accounting and Auditing Organization for Islamic Financial Institutions) a redéfini des conditions plus rigoureuses de la légalité islamique de ces sukuks.

Mourabaha (gain partagé) : permet à l'entrepreneur de ne pas contracter de crédit avec taux d'intérêt: la banque achète les produits dont il a besoin, les lui livre et partage avec lui les bénéfices.

Salam :  

qard al hasan :

taajir :

bai mouajjal :

ijara (location, bail) : où la banque achète un bien et le loue à son client avec une promesse de vente à terme

istisna

moucharaka (participation) : une adaptation islamique du capital investissement où la banque s’engage à financer un projet et à en partager les profits et les pertes qui en découlent en fonction d’un ratio préétabli, relève des opérations d’investissement. C’est un prêt à court terme sans intérêt rémunéré par une marge prédéterminée.

 

Pour ce qui est du montage de produits, les banques islamiques recourent au marché des capitaux pour diversifier les risques. Au lieu de s’adosser uniquement à leurs comptes de dépôts ou au marché immobilier, elles s’ouvrent de plus en plus aux fonds spéculatifs islamiques.

 

 

Microcrédit :

Le succès de la finance islamique pourrait venir du microcrédit. Solution qui, selon les théoriciens de la finance islamique, peut venir à bout des exclus de la bancarisation, sachant qu’«elle valorise le talent, basé sur la traçabilité sociale du bénéficiaire et non pas sur ses capacités financières».

 

La finance islamique au Maroc :

 

Depuis 15 ans, une dizaine de banques islamiques du Moyent-Orient auraient demandé un agrément à Bank Al-Maghrib, toujours refusé.

 

Depuis 2007 les banques marocaines sont autorisées à commercialiser des produits conformes à la Charia. Bank Al-Maghrib leur interdit formellement de faire référence lors des campagnes de communication et de promotion à la connotation religieuse des produits de finance islamique.

 

Depuis l’autorisation de ces produits en 2007, la progression est de l’ordre de 20 à 30% par an.

 

En 2009, l’encours brut du produit «Mourabaha» s’élèverait à plus de 450 millions de DH pour 2009.

 

Le marché semble reprendre de la vigueur en 2010 avec une estimation de ces actifs à plus de 550 millions de DH. Mais l’encours net reste dérisoire dans le marché bancaire national. Et difficilement mesurable.

 

Des produits encore trop chers

Certes, le marché marocain de la finance islamique est encore jeune mais ceci ne devrait pas occulter les difficultés.

 

Les banques ont du mal à positionner ces nouveaux produits par rapport à leur offre conventionnelle s’avère délicat. Communiquer dans une même structure sur des services si différents n’est pas aisé. Plusieurs banques ont entamé la filialisation des services financiers alternatifs.


Problème de fonds également, car, très vite, le cadre fiscal est apparu inadapté.

            Problèmes de droits d’enregistrement,

            Problèmes de TVA avec double imposition.

 

Avec une conséquence fâcheuse. Des produits sensiblement plus chers, le surcoût constaté est de l’ordre de 20 à 30%.

 

Reste le problème de la double immatriculation. Il faudra aligner les droits d’inscription/transfert de propriété pour les produits alternatifs sur ceux de la finance conventionnelle. Ainsi, le client n’aurait plus à supporter les doubles frais de 1% sur la marge de la banque lors de l’achat et de la revente.


Tous les acteurs du marché s’accordent à dire que sans aménagement d’un cadre réglementaire favorable, le secteur ne pourra connaître de réel décollage.

 

Les autorités marocaines se sont attaquées avec les lois de Finances de 2009 et 2010 aux freins des nouveaux produits.

 

Depuis le lancement des produits alternatifs en 2007, le gouvernement a cherché à aligner leur régime fiscal sur celui des produits bancaires classiques.

La loi de Finances 2009 a permis que les droits d’enregistrement ne se paient qu’une seule fois. La TVA a été réduite de 20 à 10% depuis la loi de Finances 2010. Par ailleurs, la taxation est appliquée sur la marge bénéficiaire de la banque sans toucher le montant «principal» de l’emprunt comme dans le cas d’un emprunt avec intérêts.

La loi de Finances 2010 a voulu donner un nouveau souffle au produit «Mourabaha». Ainsi, depuis le 1er janvier 2010, le contribuable ayant conclu un contrat de «Mourabaha» pour l’acquisition d’un logement destiné à son habitation principale, peut bénéficier de la déduction de la rémunération convenue d’avance avec sa banque, dans la limite de 10%, de son revenu global imposable.

 

 

Formation

Tous les acteurs de la finance islamique s’accordent sur le fait que la formation est aujourd’hui l’un des enjeux critiques pour accompagner le développement de cette industrie.

 

Il est indispensable que la croissance de la finance islamique soit accompagnée par des spécialistes en droit, de la Charia, en relations commerciales, en système d’information, en ingénierie financière,… Et cela dans plusieurs domaines tels que l’assurance, la banque de détail et d’affaires, le capital investissement, la gestion de fonds, la microfinance.

 

En l’absence d’une loi sur la protection des consommateurs, la mise en place des Sharia board peut se révéler une aide précieuse pour prévenir les litiges. Au Maroc, il n’y a pas encore d’organe de supervision car les produits ne sont pas suffisamment diversifiés. Certains pensent que le Conseil des oulémas pourrait jouer ce rôle?

 

Plusieurs étapes sont donc encore nécessaires avant de voir un jour naître une banque islamique marocaine. Parmi celles-ci, réglementer l’établissement et la supervision d’une banque islamique ainsi que d’un fonds islamique.

 

 

La situation en France

Les banques islamiques pourraient être autorisées à ouvrir leurs guichets en France. Christine Lagarde a affirmé son intention de faire de Paris une capitale de la finance islamique.

 

Après Londres, où la première banque islamique a ouvert ses guichets dès septembre 2004, la France pourrait autoriser des banques respectueuses de la charia à s’installer dans l’Hexagone. Elles sont au moins 3 à avoir déposé une demande d’agrément :

La Qatar Islamic Bank,

La Kuwait Finance House

La Al-Baraka Islamic Bank originaire de Bahreïn.


« Dans un premier temps, ils se cantonneront à des activités de financement et d’investissement avant de se lancer d’ici 2 ou 3 ans dans la banque de détail », confie l’un des experts du cabinet Moody’s en France.

 

Leur cible : les 5 millions de musulmans résidant en France. Un marché alléchant : selon une enquête réalisée en mai 2008 par l’Ifop, « 500 000 personnes d’origine musulmane seraient très intéressées par des emprunts bancaires respectant la charia ».

 

De ce point de vue, « l’importation en France de la finance islamique serait un facteur d’intégration », souligne Hervé de Charette, président de la chambre de commerce franco-arabe. Principal obstacle : « La finance islamique fait peur car elle est, à tort, assimilée à l’intégrisme religieux, voire au financement du terrorisme », déplore Elyès Jouini, professeur d’économie à l’université de Paris-Dauphine. Voilà pourquoi « les banques françaises sont encore très frileuses sur le sujet », remarque Hervé de Charette. La crise économique mondiale vient toutefois de bouleverser la donne. De New York à Hongkong, toutes les places financières de la planète s’arrachent désormais les milliards de dollars amassés par les monarchies pétrolières du Golfe.

 

Drainer en France une partie de cette manne, tel est l’objectif affiché par Christine Lagarde. « Nous sommes déterminés à faire de Paris une grande place d’accueil de la finance islamique », a affirmé hier la ministre de l’Economie en inaugurant le 2eme forum français de la finance islamique.

 



Dernière mise à jour : ( 25-01-2012 )
 
< Précédent   Suivant >